vendredi 26 juin 2009

Un artiste venu de nulle part.


S’il faut faire le compte des cœurs dévastés par la cruelle nouvelle de la disparition du roi de la pop c’est surement en centaines de millions qu’il faudra commencer. Ce sont tous ces anonymes transportés par les mélodies de « Ben », « Heal the world », « Wanna be startin’ somethin », « Beat it » ou enfin de « Black or white » (lequel choisir en vérité ?). Mickael JACKSON aura eu l’unique privilège, en 50 ans, d’être celui qui donne le la, l’étalon qui indique le chemin, la référence, l’exemple. On a beau dire, on a beau faire les plus irréductibles ennemis du chien sont obligés de reconnaître qu’il court vite et qu’il a les dents blanches : il y a Mickael Jackson et les autres. Réussissez un ouvrage exceptionnel et on dira que c’est un « Triller », devenez artiste intégral, global, exceptionnel chanteur, danseur inimitable doublé d’un monstre de la scène et on dira que vous êtes un Mickael JACKSON. Ce qui est en deuil chez de nombreuses personnes aujourd’hui à travers la planète c’est l’enfant qui sommeille en eux et qui a été bercé de chansons d’une rare générosité. C’est l’adulte qui, le temps d’un album, d’un clip, a oublié la rigueur du quotidien.
Ce jour, même le dévot dira : « Gloire à Toi, Seigneur que je suis venu adorer dans ma retraite ! Pour créer un être qui, malgré toutes ses imperfections, survole tous ses pairs par son prodigieux talent, il faut un Être Parfait et Vous l’êtes sans aucun doute ! »

Chapeau bas l’artiste et merci pour l’œuvre à nulle autre pareille. Merci de nous avoir bercé l’enfance.

Un inconsolable fan

lundi 27 avril 2009

QUESTION DE MESSAOUD OUL BOULKHEIR AU PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Bonjour,

J'ai trouvé très succulent ce message adressé au Conseil Constitutionnel par Mr Messaoud Ould Boulkheir, Président de l'Assemblée Nationale de La République Islamique de Mauritanie. Je suis très impatient d'en lire la réponse.

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République Islamique de Mauritanie
Honneur - Fraternité• Justice

Assemblée Nationale


Nouakchott, le 23 avril 2009

Le Président

à,

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel
de la République islamique de Mauritanie à NOUAKCHOTT

Objet: demande d'un avis constitutionnel

Monsieur le Président,

Le 6 Août 2008, des Officiers Généraux conduits par le Général Mohamed O. Abdel Aziz se sont emparé du pouvoir par la force et ont déclaré avoir mis fin au pouvoir du Président de la République, démocratiquement élu 25 mars 2007 et investi le 19avril 2007, après avoir prêté serment devant votre auguste Conseil.

Au vu de ces événements, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir répondre à la question suivante:

Un tel coup d'Etat est-il un acte valide au regard de la Constitution du 20
juillet 1991, révisée le 25 juin 2006 et est-il susceptible de modifier en toute légalité ladite Constitution?

Veuillez, agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments respectueux.

Messaoud Ould Boulkheir

dimanche 19 avril 2009

LANCEMENT DE LA RADIO KASSATAYA

Sur les conseils avisés de l'incontournable bebe ba, je vous poste ce nouveau message. Ce qui n'apparait pas dans le texte c'est la forte présence de visiteurs de ce blog et de son frère ainé canalh. Faites-en votre radio.
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Chers bloggers,

Après des mois d’hésitations et de labeurs nous avons décidé de lancer nos émissions sur kassataya.com. Les travaux sont en cours comme vous pouvez le vérifier. Nous avons jugé utile, après concertation, de mettre à profit l’anniversaire des deux de la remise du pouvoir à un Président civil élu au terme d’une élection saluée par tous pour ce lancement. Le site et la qualité des émissions s’étofferont avec le temps.
Les animateurs sont des bénévoles soucieux d’offrir un espace d’expression dans la diversité à tous les mauritaniens qui en expriment le besoin.
Kassataya.com se fixe donc pour objectif de (re) donner la parole à ceux qui ont besoin de se faire entendre et que tous nous avons intérêt à écouter. Généralement, en milieu traditionnel, les discussions ne se déroulaient pas dans des amphithéâtres ou dans des studios. Elles avaient lieu soit sous le baobab que la désertisation range dans le groupe des espèces en voie d’extinction, soit plus récemment, autour du thé. Le thé (ataya) est devenu une institution qui obéit à un rituel précis pour honorer un hôte ou juste pour accompagner les longues discussions dans le cercle familial ou dans les assemblées. Il est servi dans des verres (kass) que les convives se passent selon une codification qui varie selon les contrées et les communautés. D’où kassataya qui signifie verre de thé. Nous mettrons prochainement en ligne un document qui en expliquera la signification aux yeux de nombreuses communautés de l’ouest africain.

L’équipe.


Emission de lancement :

Mauritanie : deux ans après, la genèse d’une transition démocratique


Il y a deux ans jour pour jour le Conseil Constitutionnel de la République Islamique de Mauritanie installait dans ses fonctions le premier Président élu à l’issue d’élections démocratiques et pluralistes de l’histoire du pays. De nombreux chefs d’Etat étrangers étaient venus honorer de leur présence cette cérémonie qui saluait un nouveau printemps démocratique. Des témoins de premier plan et des acteurs viendront livrer leurs impressions sur une expérience saluée en son temps aussi bien par les observateurs internationaux que par les principaux candidats à l’élection présidentielle de mars 2007. Vous pouvez écouter l’émission ce dimanche 19 avril 09 à partir de 19h30 à Paris soit 17h30 en temps universel en direct sur www.kassataya.com et intervenir par un simple appel sur skype au pseudo suivant : kassataya.
Bonne écoute

samedi 18 avril 2009

BANQUE MONDIALE : L’AFRIQUE A L’HONNEUR


Monsieur Ousmane Salatou DIAGANA, mauritanien natif de Gattaga/Kaédi (450km au sud de la capitale Nouakchott) vient de recevoir des mains du président de la Banque Mondiale le prix du meilleur manager de l’institution. Cette distinction qui honore la Mauritanie et au-delà l’Afrique, vient prouver s’il en était besoin, que le continent regorge de talents. Nul n’étant prophète chez soi, Mr DIAGANA fait le bonheur de la Banque Mondiale où il poursuit une belle et heureuse carrière en attendant le jour où le privilège lui sera fait de servir son pays. Il est à souligner qu’il est de coutume dans de nombreux pays de faire appel à l’expérience des expatriés pour aider à surmonter les difficultés qui caractérisent les économies en développement.


Après son Baccalauréat en 1981 à Kaédi, Monsieur DIAGANA poursuit de brillantes études en Economie (Planification, Analyse économique et Développement) à l'Université de Dakar d'où il sort Major de Promotion. Il décroche au passage une bourse de 3ème cycle octroyée par l'Etat mauritanien pour s'inscrire à la prestigieuse ENAM de DAKAR (option Finance et Fiscalité). A son retour au pays, il servit comme Enseignant vacataire en Comptabilité nationale à l'Université de Nouakchott, collabora avec un bureau d'études local et exerça brièvement les fonctions d'Economiste à la mission résidente de la Banque Mondiale à Nouakchott. En 1992, Il est recruté par la Banque mondiale pour servir au Bénin où il est restera 6 ans. Monsieur DIAGANA faira reconnaître son travail et gravira plusieurs échelons au sein de cette Institution de Bretton Woods. Avide de science et de perfectionnement, il renforcera sa formation académique initiale par des séjours dans des universités prestigieuses comme Harvard à Boston aux USA et Institute of Development Studies à Sussex en Angleterre. Après le Bénin, M. DIAGANA montera à Washington au siège de l'Institution avant d’aller coller au terrain à Sana'a au Yemen et à Rabat au Maroc. En Octobre 2006, il est nommé Représentant Résident (Country Manager) au Niger, un pays confronté à d’énormes défis de développement. Au Niger, M. DIAGANA est responsable d'un portefeuille très large couvrant des programmes de développement humain, de développement rural, d' infrastructures, d'accès à l'eau potable, de macroéconomie , de finance et de développement du secteur privé. M. DIAGANA « est juste et équitable avec tout le monde » confie un de ses collaborateurs. « Sa première règle dans l’environnement professionnel est le respect » ajoute un autre. Son équipe est unanime à saluer le climat de sérénité que leur Manager a instauré à la Représentation de la Banque Mondiale. Ses collaborateurs disent avoir particulièrement apprécié le grand intérêt qu’il attache au perfectionnement de ses équipes notamment celles de la catégorie inférieure auxquelles M. DIAGANA a donné l’opportunité d’apprendre et de progresser. Décrit comme un dirigeant ouvert d’esprit, à l’abord facile et ayant le sens du collectif, il se distingue par sa très grande simplicité et sa disponibilité envers tous malgré un agenda très chargé.



Abdoulaye DIAGANA

France

www.souslatente.blogspot.com

abdouldiagana@yahoo.fr

lundi 13 avril 2009

Le gros bobard diplomatique de Sarkozy

Chers lecteurs

En ces temps troubles que traverse notre pays, je vous propose cet article du journal français Libération qui revient sur les propos troublants du président français au sujet de la crise politique qui secoue la Mauritanie.

Bonne lecture.

DESINTOX

Le 27 mars, lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy s'est rendu coupable d'un étonnant mensonge d'Etat. Interrogé sur l'attitude de la France face au putsch qui a renversé le Président mauritanien en août, Sarkozy a prétendu avoir passé à ce dernier un coup de téléphone. Intox.

CÉDRIC MATHIOT

Nicolas Sarkozy à la télévision le 5 février dernier.

Nicolas Sarkozy à la télévision le 5 février dernier. (Ho New / Reuters)

Intox

C’est une affaire qui n’arrangera pas l’image déjà controversée de Nicolas Sarkozy en Afrique. Mercredi, la rubrique Désintox montrait comment Sarkozy a dérapé lors d’une conférence de presse au Niger, le 27 mars, en présentant le putsch en Mauritanie comme un quasi non-évènement. Le président français avait occulté aussi bien les condamnations internationales unanimes que les protestations locales, politiques ou populaires. Une vision très accommodante avec les putschistes qui avait suscité de vives réactions et dont certains observateurs suggéraient qu’elle a été soufflée par la bonne vieille Françafrique, décidée à frayer avec le nouveau pouvoir. Mais Sarkozy ne pourra seulement arguer la désinformation. Car lors de la même conférence de presse, pour réfuter toute ambiguïté de la position française, il a ajouté un énorme mensonge : «Quand le président démocratiquement désigné a été retenu, moi-même je l’ai appelé.» Sauf que…

Désintox

Nicolas Sarkozy a reçu un message, trois jours après ses déclarations à Niamey. Il émane d’un diplomate français, fin connaisseur de la Mauritanie, qui lui dit ceci : «Permettez-moi de vous rappeler que vous n’avez jamais parlé au téléphone avec le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, ni pendant qu’il était au secret au palais des Congrès de Nouakchott depuis le putsch du 6 août, ni ensuite dans son village de Lemden, où il est assigné à résidence.» Et le correspondant de Sarkozy de lui donner, à toutes fins utiles, le numéro de téléphone de son homologue mauritanien. Ce n’était pas une blague.

Contactée par Libération, la fille du président déchu, Amal Mint Cheikh Abdallahi, confirme ce qui ressemble à un étonnant bobard d’Etat : «Le président Sarkozy n’a jamais appelé le président Abdallahi. On est tombé des nues l’en écoutant dire le contraire lors de la conférence de presse.» La surprise a dû être d’autant plus saumâtre qu’Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, en mars 2007, avait sollicité un tel échange. En vain. «Après le putsch, le Président a reçu l’ambassadeur de France en Mauritanie et lui a fait savoir qu’il souhaitait s’entretenir avec le chef de l’Etat français. Il ne s’est rien passé depuis», affirme la fille du dirigeant renversé. C’est elle qui a eu les seuls contacts directs avec Paris, via des conseillers de l’Elysée en charge des questions africaines. La junte n’a pas été moins bien traitée : ses dirigeants ont été reçus par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.

Les services de l’Elysée, que nous avons joints pour avoir une explication sur ce coup de fil «fantôme», nous ont affirmé n’avoir pas d’«éléments d’information» à donner sur le sujet, ajoutant seulement : «La position de la France n’a pas changé, elle est toujours en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie.»

Il faudra plus que ces déclarations de principe pour lever les ambiguïtés nées des mensonges d’un président qui nie les résistances au putsch et invente un coup de fil de soutien imaginaire au chef d’Etat déchu. Dans la même conférence de presse de Niamey, le 27 mars, Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux la «transparence» comme base de la nouvelle relation entre la France et l’Afrique. Il reste à l’évidence du chemin à parcourir.

samedi 4 avril 2009

AHMED OULD DADDAH, COMME L'OISEAU DE MINERVE?

Dans la mythologie de la Grèce antique, un oiseau (une chouette !) perché sur l’épaule de la déesse Minerve (de la sagesse) prenait son envol seulement la nuit tombée. C’est ainsi que tout ce qui se rapporte à la sagesse est associé à l’oiseau de Minerve, arrivant sans précipitation, à point nommé, quand tout s’apaise. Au lendemain du désastreux coup d’Etat militaire qui mit brutalement fin à l’expérience démocratique en Mauritanie, de nombreuses voix se sont étonnées de la prise de position du chef de file de l’opposition que l’a junte à sitôt intronisé « soutien numéro » du coup d’Etat (ils diront plus exactement « rectification »). Les démocrates sincères ont alors estimé qu’il y avait-là au moins une faute grossière d’appréciation de la part d’un homme qui a si longtemps incarné la lutte intransigeante contre la dictature ou en tout pour la démocratie. L’article « l’heure d’Ahmed Ould Daddah » a souligné l’intérêt que trouveraient la Démocratie et Ahmed Ould Daddah à s’inspirer de l’exemple de Boris Eltsine volant au secours de son ennemi intime Michael Gorbatchev au lendemain du coup d’Etat dont celui-ci fut victime dans les dernières heures de l’empire soviétique. Ceux qui ont opté pour le système démocratique et le mode de dévolution pacifique du pouvoir par le seul suffrage universel direct peuvent se réjouir et se frotter les mains : le chef de file de l’opposition statutaire, leader historique de la lutte pour l’émergence de la démocratie, vient d’exaucer leurs vœux en rejoignant son camp naturel, celui de la lutte contre un coup d’Etat militaire perpétré contre un régime démocratiquement élu par le citoyen mauritanien.

Et vogue la rumeur
Grand perdant –mauvais perdant- le club des officiers putschistes qui voit s’envoler son plus grand atout, sa plus importante caution populaire, alimente la machine à rumeurs. L’industrie des potins connaissant une croissance et une vigueur à toute épreuve, les spéculations vont bon train quant aux réelles motivations du leader politique. Les ingénieurs en chef de la production industrielle de rumeurs soutiennent qu’il serait mû par la seule ambition de conquérir le pouvoir ! C’est la vocation première de tout parti politique et on ne peut le lui reprocher tant que les principes fondamentaux et les valeurs de la République sont observés. Ils ajoutent qu’il ne partagerait pas grand-chose avec le camp antiputsch ! Si : la reconquête de la démocratie et ça ne pèse pas peu. Ils terminent par l’argument selon lequel il trahirait dès qu’il en aurait l’occasion ! Nul n’es dupe ici : il ne s’agit pas d’un contrat à vie. Une fois le coup d’Etat mis en échec que chacun suive sa voie en tentant de gagner la confiance de l’électeur dans une saine compétition. Le fleuve déborde de son lit et les populations se désolent. Il le rejoint et elles se réjouissent en prenant leurs dispositions pour ne plus se faire surprendre par un nouveau débordement. Et c’est ainsi que coule l’eau sous les ponts.

Comme l’oiseau de Minerve
Ahmed Ould Daddah rejoint donc le camp des démocrates. L’oiseau de Minerve prend son vol tard. Il annonce le crépuscule non de ceux qui se dressent contre l’acte insensé mais bien de ceux qui ont pensé pouvoir impunément prendre des libertés avec les règles qui régissent la vie de la Société et qui, malgré plusieurs mois de brimades n’arrivent pas à imposer leur trahison (une première dans l’histoire d’une Mauritanie pourtant habituée aux coups d’Etats militaires). Il trouvera devant lui de vieux compagnons de route tels Messaoud Ould Boulkheir qui tient tête depuis les premières heures, Mohamed Ould Maouloud, Jemil Ould Mansour, Bâ Mamadou Alassane…et bien d’autres encore. Cette nouvelle prise de position arrive à point nommé : le pays est de plus en plus isolé et court à la catastrophe, le front antiputsch durcit le ton devant une junte désemparée qui accumule les fautes et s’isole de plus en plus. Le doute et la peur sont entrain de changer de camp. La violence aveugle dont fait montre la junte est un signe qui ne trompe pas. C’est parce que les choses sont entrain de lui échapper qu’elle emploie le seul langage qu’elle maîtrise vraiment : celui des canons face à une masse désarmée.

Abdoulaye DIAGANA
France
WWW.souslatente.blogspot.com
abdouldiagana@yahoo.fr

lundi 30 mars 2009

Communiqué de Messaoud ould Boulkheir au sujet de la déclaration de Sarkozy a Niamey

Bonjour,
En réponse à la déclaration faite par Nicolas Sarkozy à Niamey au sujet de l'absence de mobilisation des Mauritaniens contre le coup d'État, le Président de l'Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir a publié le communiqué ci-dessous.
Communiqué

J’ai été, ces derniers jours, assez surpris par des propos attribués au Président de la République française, Monsieur Nicolas Sarkozy, qui répondait à une question relative à la crise mauritanienne, lors de sa visite au Niger, le 27 Mars 2009, propos qui ont été vite repris, interprétés et brandis par la junte militaire comme une volte-face de la France.
N’eût été mon absolue certitude que la France d’aujourd’hui du président Sarkozy où se réaffirme sans cesse sa volonté d’éviter la réactivation des réseaux de la France d’hier, victime des tractations et des manipulations d’une certaine Françafrique, qui bien qu’obsolète et anachronique, ne désespère toujours pas de renaître de ses cendres, j’aurais été profondément dubitatif, à l’instar de nombreux de mes compatriotes, quant au sens à attribuer à de telles affirmations.
Ma surprise est d’autant plus fondée que la résistance (en question) au coup d’Etat a été immédiate, forte, et continue. Dès le premier jour, un Front national anti-putsch, regroupant les principales forces vives a vu le jour en Mauritanie ; cas unique en Afrique !
J’ai moi-même, dans une déclaration solennelle devant la presse nationale et internationale, exprimé mon rejet catégorique du coup d’Etat, en soulignant, loin de toute considération personnelle, le danger qu’il constitue pour la stabilité, le développement et l’image de la Mauritanie.
Depuis cette date, je n’ai cessé de parcourir le monde, de Paris à Johannesburg, passant par de nombreuses capitales africaines. J’ai été reçu par plusieurs Chefs d’Etat et par le Président de la Commission de l’Union Africaine, Monsieur Jean Ping et j’ai partout plaidé la résistance au coup d’Etat et la nécessité d’un retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie, sous peine de constituer un précédent dangereux pour le Continent tout entier et même pour le Monde.
A l’étape française, j’ai été reçu officiellement et avec les honneurs au Palais Bourbon par mon collègue le Président Bernard Accoyer, avec qui j’ai eu des entretiens fructueux. Nous avons été, ma délégation et moi, conviés à un déjeuner au Palais de l’Elysée, qui a été l’occasion d’un échange profitable avec de Hauts responsables de la Présidence française. J’ai eu, par ailleurs, l’occasion de m’adresser à la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale française devant laquelle j’ai fait un exposé détaillé sur la crise née du coup d’Etat du 6 août 2008.
Je dois signaler également que des délégations de parlementaires opposés au putsch ont sillonné, à leur tour, le monde, y compris la France et d’autres pays européens pour les sensibiliser sur la nécessité de faire échouer le coup d’état.
Il va sans dire que notre action à l’extérieur s’est accompagnée à l’intérieur d’une lutte courageuse et continue contre le coup d’Etat : des meetings, des manifestations durement réprimées, des sit-in et d’autres formes de protestation de masse, nonobstant la férocité de la machine répressive des putschistes (le Premier ministre et certains hauts responsables du Front anti-putsch sont toujours en détention).
Après toutes ces visites et ces actions, il nous avait semblé, qu’une fois pour toutes, la cause avait été entendue et bien entendue, notamment par la France qui est notre principal partenaire européen le plus à proximité et donc censé être le plus au courant de qui se passe chez nous.
Les ambiguïtés que les putschistes entretiennent aujourd’hui autour de la position française et l’exploitation qu’ils en font au plan intérieur, en invoquant tantôt des intérêts économiques (exploration pétrolière dans le Nord de la Mauritanie), tantôt des impératifs militaires (installation d’une base militaire française), rappellent malheureusement les méthodes désuètes d’un passé que tous les démocrates et tous les progressistes du monde doivent s’empresser d’oublier définitivement.
Pour toutes ces raisons, et compte tenu de la situation dangereuse que traverse mon pays, j’estime de mon devoir de demander à la France et à son Excellence le Président Sarkozy, de faire lever toute équivoque s’agissant de leur position à propos du coup d’Etat en République Islamique de Mauritanie.
Le coup d’Etat du Général Mohamed Ould Abdel Aziz qui méprise les intérêts bien compris de la Mauritanie et défie la Communauté Internationale , commence malheureusement à faire école dans le Continent. Il appelle de la part de la France un traitement particulier, qui découle de son rôle historique de Grande Nation démocratique et des idéaux censés fonder son action en Afrique et son rayonnement dans le Monde.
Les démocrates et les progressistes de Mauritanie, d’Afrique et du Monde attendent de la France et du Président Nicolas Sarkozy d’appuyer fermement les décisions pertinentes de l’Union Africaine, saluées et soutenues par la Communauté Internationale dans son ensemble.

Nouakchott, le 29 Mars 2009

Messaoud OULD BOULKHEIR