mercredi 23 novembre 2011

Edito de KASSATAYA. Libéralisation des ondes : au nom de la Mauritanie plurielle.

La HAPA vient de proclamer les résultats de l’appel à manifestation d’intérêt pour l’attribution des licences de radio et de télévisions privées en Mauritanie. Comme son nom l’indique, il s’agissait d’une manifestation d’intérêt qui devait en principe lancer l’ouverture des ondes à la concurrence. Bien naturellement, KASSATAYA avait introduit un dossier.

Nous avons créé une société anonyme de droit mauritanien, produit un engagement pour maintenir un actionnariat stable ainsi que les statuts et les pièces d’identité des actionnaires. Tous ces documents étaient notariés et le dossier instruit par un grand cabinet d’expertise qui a dans son portefeuille clients les plus grandes entreprises étrangères qui se sont établies en Mauritanie. Les résultats se passent de commentaire et pas seulement parce que KASSATAYA, le seul de tous les candidats à avoir une existence réelle depuis trois ans, n’a pas été retenu. Je souhaite bonne chance à la Mauritanie plurielle qui est une chance mais aussi une conquête permanente.

C’est aussi l’occasion pour moi de remercier les auditeurs fidèles qui nous ont fait confiance et nous ont accompagnés depuis les premières heures de notre aventure. Leur soutien et leur confiance ont opéré comme de puissants moteurs qui nous ont permis de franchir monts et vaux. Nous avons mis un point d’honneur à rester fidèles à la ligne de conduite que nous nous étions fixée dès le départ et qui a servi de contrat moral entre nos auditeurs et nous. Plutôt que d’entretenir une relation amoureuse exclusive avec un camp nous avons préféré la réserver à l’objectivité et au traitement équilibré de l’information. Ni avec ni contre qui que ce soit. Ni soumis ni assujettis à quelque puissance que ce soit. Politique, idéologique ou financière. Cette liberté de ton et cette indépendance sont restées notre viatique que nous avons porté en bandoulière tout le long de cette longue traversée. Nous avons dû pour cela nous asseoir sur nos propres opinions (que nous avons gardées pour nous et qui étaient différentes au sein de la rédaction) pour offrir aux auditeurs une information juste, équilibrée et variée. Si cette orientation n’a pas plu nous nous faisons forts de lui rester fidèles. Parce que c’est par conviction et non par souci de gestion de plans de carrière que nous avons investi ce champ.

KASSATAYA a ainsi pu compter sur le professionnalisme de ses équipes (bénévoles) pour briser le monopole de l’information et le culte de la pensée unique. Nous avons reçu chez nous tous les acteurs majeurs de la vie publique de notre pays de Mariam Daddah (première première dame) à Kadiata Malick Diallo (député) en passant par Messaoud Ould Boulkheir (président de l’Assemblée Nationale), Kane Hamidou Baba (député et président du MPR), Boidiel Ould Hoummeid (ancien ministre, président du parti El Wiam), Hamdi Ould Mahjoub (avocat, ministre la communication), Mohamed Ould Mowloud (président du parti UFP), Ibrahima Moctar Sarr (président du parti AJD/mr), Moustapha Ould Beddredine (député), Zeine ould Zeidane (ancien candidat à la présidence de la république, ancien premier ministre), Biram Ould Dah (président de l’ONG IRA anti esclavagiste), Aminetou mint el Moktar (présidente d’association), Ahmed Ould Daddah (chef de file de l’opposition), Tahra Mint Hembara (artiste), Ma’louma mint El Meidah (artiste), Myriam Soumaré (Championne d’Europe d’athlétisme), Ba Mamadou Samboly (un des pères fondateurs de la Mauritanie), Aissata Kane (première femme ministre en Mauritanie)… et pour finir le président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz himself. D’aucuns ont crié « Général nous voilà », nous n’avons pas eu assez de forces pour le faire.

Quoi qu’il advienne et quoi que veuillent décider ceux d’en-haut, c’est une page de l’histoire du pays que vous et nous avons écrite ensemble. Nous n’avons pas attendu les subventions et les routes bitumées. Nous avons rassemblé le peu de moyens, de foi et de courage que nous avions et nous sommes allés à l’aventure. Cette foi reste inébranlable. Et tant que nous n’aurons pas l’assurance que la diversité des opinions et des cultures est une réalité vivante en Mauritanie, nous resterons sur le pont. Avec vous, si vous voulez bien nous accompagner.

Abdoulaye Diagana

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

dimanche 24 juillet 2011

Marche du collectif Touche pas à ma nationalité : dégradations à l’ambassade de Mauritanie à Paris.

Ce sont plus de 470 personnes qui ont défilé du Parvis des droits de l’homme à l’ambassade de Mauritanie à Paris, rue de Montevideo ce dimanche 24 juillet 2011 à l’appel d’un collectif d’organisations mauritaniennes qui appelait à dénoncer les conditions dans lesquelles se déroulait l’enrôlement des populations de Mauritanie. Dans la foule des manifestants, des femmes et des enfants de même qu’une présence massive de jeunes venus crier leur rejet du recensement qui se déroule en Mauritanie et qui, selon leurs propos, tend à leur dénier la nationalité mauritanienne. « Touche pas à ma nationalité », « arrêtez ce recensement » et même « Aziz dégage », tels sont les slogans qu’on pouvait entendre le long de la procession. Depuis leurs fenêtres, balcons et terrasses, des résidents du 16eme arrondissement de Paris venaient aux nouvelles. C’est que jamais une manifestation mauritanienne n’avait atteint une telle ampleur. Surpris par une telle vague, la Police parisienne est très vite débordée. Habituée à encadrer des manifestants dont le nombre ne dépasse guère la centaine, elle n’avait déployé qu’un petit dispositif pour suivre la manifestation. Arrivés à l’angle de la rue Montevideo, et contrairement aux habitudes et au trajet arrêté, les manifestants s’engagent dans la rue en direction de l’Ambassade. Le portail de l’Ambassade menace de céder sous les assauts répétés de certains manifestants incontrôlés et décidés à en découvre. La dizaine de policiers sur place essaie de s’interposer sans succès et demande des renforts. La plaque de l’Ambassade est arrachée. Les organisateurs de la marche tentent de s’opposer sans plus de résultats. A 16h40, une sirène retentit. Les renforts arrivent avec tout l’attirail anti émeutes. Des gradés de la police parisienne sont également dépêchés sur place. Il faut plus d’une heure de pourparlers pour obtenir un calme relatif. Les organisateurs lisent une déclaration et demandent à la foule de se disperser dans le calme. Quelques manifestants brandissent comme reliques des morceaux de la plaque de l’Ambassade. Des jeunes promettent une radicalisation du mouvement et préviennent : « nous ne nous laisserons plus faire ».

La veille, le même collectif avait organisé une conférence à la Bourse du Travail de Paris qui avait réuni près de 200 personnes.

Abdoulaye Diagana

Images à suivre

Humeur : Recensement, Ya Mouritane ya watani

Vendredi dernier je me suis rendu à un concert organisé par des artistes mauritaniens de France pour rendre hommage à Dimi Mint Abba. Accompagnés à la guitare par Moussa Watt, un rescapé de l’orchestre national de Mauritanie, ces derniers nous ont fait passer des moments émouvants en reprenant une partie du répertoire de Dimi Mint Abba et de l’orchestre national.

Au moment où la Mauritanie revit des événements qui rappellent les heures les plus sombres de son histoire, je n’ai pu éviter d’être submergé par une vague d’émotions quand Heydi entonna le célèbre Ya Mouritane ya watani, avec une Sira Dramé magistrale dans l’exécution de la danse maure pour l’accompagner. L’art ne ment pas et ne souffre pas l’hypocrisie et la tricherie. Il fallait de la sincérité et du dévouement pour faire corps avec la chanson interprétée et réussir l’exploit de faire vibrer les cœurs d’un public pas forcément connaisseur. Qui disait que la musique est un langage universel ?

Ces chanteurs et ces musiciens avaient pour noms Gangué, Dramé, Ndiaye, Mbaye, Dem, Sibiri, Watt, Diakhaté, Dia, Sy…Je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le recensement qui, si l’on s’en tient aux nombreux témoignages qui nous parviennent de certaines personnes qui s’y sont essayées, est entrain de diviser les fils de ce pays en charriant les arrière-pensées et les idées les plus nauséabondes qui soient. Et ce, au moment où les artistes chantaient à l’unisson pour rendre hommage à une des leurs au delà des frontières.

En France, le pays où ils ont élu domicile, ils se rendront peut-être à l’ambassade de leur pays qui saisit l’occasion d’un recensement pour se transformer en annexe des services de la police française. Elle n’exige rien de moins que le titre de séjour en plus d’une pièce d’identité mauritanienne pour se faire recenser. En clair, l’ambassade ne recherche pas des mauritaniens à recenser mais ceux d’entre eux qui ne sont pas des sans-papiers au regard de la loi française. Pendant ce temps, de nombreux autres services français (université, hôpitaux…) acceptent justement des usagers qui n’ont pas de titre de séjour ; parce qu’eux ne confondent pas les registres. Les autorités mauritaniennes ont l’art de rendre la vie difficile aux citoyens. S’assurer de ne recenser que des mauritaniens résidents est une chose, se faire les supplétifs de la police française en est une autre. Un justificatif de domicile ou tout autre document justifiant les attaches du concerné avec la France aurait amplement suffit. Même lors du recensement pour l’élection présidentielle de 2009, dans un contexte très tendu, les autorités consulaires n’avaient pas commis un tel impair et avaient accepté de recenser sur la base de la présentation d’une simple pièce d’identité mauritanienne ! Assez bien en 2009, désastreux en 2011 ! Tel est le sens de notre marche vers le progrès ! Loin de la scène musicale.

En les voyant chanter et danser sur scène, on ne peut croire que ces artistes courent le risque de se voir dénier leur nationalité au motif qu’ils se nomment Sibiri, Dramé, Ndiaye, Dia, Gangué, Dem…

Et comme pour exorciser le mal et renvoyer le diable à ses chères études, ils ont crié de toutes leurs forces hayya Mouritane, hayya watani, ya mouritane, ya mouritane, ya mouritane ya watani. Cette conception de la Mauritanie et du mauritanien nous réconcilie avec notre pays et avec nos valeurs. A eux seuls, ces artistes-là rachèteraient le reste du troupeau. Ils font notre fierté et nous vengent de ces esprits étroits et chauvins qui s’amusent avec des allumettes, assis sur un baril de poudre, et qui font la honte du genre humain. Et ils se recrutent hélas dans les deux camps.

Abdoulaye Diagana

jeudi 21 juillet 2011

Dimi célébrée à Paris par des artistes mauritaniens.

Ambiance feutrée et intime, petit restaurant bar très cosy avec une salle de concert conviviale au sous sol, les artistes mauritaniens ont choisi un cadre propice à mettre en exergue la chaleur des retrouvailles pour rendre un dernier hommage à leur consœur Dimi Mint Abba. C’était à l’espace culturel et restaurant Saraaba, rue de la Goutte d'or dans le 18e arrondissement de Paris, vendredi 15 juillet 2011.

Le public a eu l'immense plaisir d'assister à un concert haut en couleurs en hommage à une artiste dont le talent n'a d'égal que sa passion pour la musique et son pays.

L'initiative venait de Nago Seck, gérant, manager du restaurant. Brandissant quelques disques de Dimi, Nago explique le coup de foudre qu’il a eu pour l’artiste mauritanienne qu’il na cessé d’accompagner tout le long de son parcours. Des portraits, rares, de la vedette mauritanienne sont accrochés au mur. Je les ai pris moi-même, insiste Nago une lueur de fierté dans les yeux. Les artistes se promènent dans le restaurant bar un peu comme chez eux. Nago et son épouse en ont fait une scène libre pour les artistes.

Mais Nago n’était pas seul à l’origine de l’initiative. Pour réaliser le vœu de célébrer une dernière fois celle qu’il appelle l’ambassadrice de la musique mauritanienne, il avait avec lui Heydi un jeune rappeur mauritanien aux multiples talents (musicien, chanteur, show man) passionné de musique et porteur d'un message d'unité, de paix et de soutien aux artistes dans ce milieu très difficile pour nos compatriotes. Heydi a mis un point d'honneur à organiser cette soirée, la moindre des choses, dira-t-il, pour Dimi. Nous avons eu également le grand plaisir de revoir Sira Dramé, très enthousiaste devant cet événement et veillant au bon déroulement de la soirée.

Sur la scène se sont succédé des artistes de tout bord : Mamma Dem à la voix enchanteresse, Ousmane Gangué une des étoiles montantes de la musique mauritanienne, Malick Dia, l'ainé, lead vocal du groupe Boolumbal, Moussa Watt ancien de l’orchestre national de Mauritanie et du Rippo Groupe, Moussa Labbel, Heydi le show man. Pour tenir le public en haleine, Sidi Sy bassiste du groupe Walfadji, Ada Ndiaye aux percussions. D’autres artistes sont venus en voisins : Tanor Tita Mbaye, lead vocal sénégalais, le guinéen Mamedi Diabaté à la guitare solo.

Au milieu de ce monde d'hommes, une voix malienne entrainante. Puis la silhouette de Sira Dramé, chanteuse mauritanienne qui, pour l’occasion, joue du Djembé, organise la scène comme un chef d’orchestre.

Cette scène bigarrée offrira un spectacle à la hauteur de l’événement avec, à l’ouverture, la célèbre chanson Mouritane watani.

C’était une de ces soirées qui réconcilient les mauritaniens avec eux-mêmes et avec leur pays.

Les vidéos de la soirée avec les interviews exclusives suivront sous peu. En attendant vous pouvez déjà profiter des photos disponibles sur le site!!!

Salam et que l'1spiration soit toujours avec vous

Regarder les videos ici et

Votre obligée, Hapi et Abdoulaye pour kassataya

Sira Dramé sera en concert live à Sélibaby les deuxième et troisième jours de la fête de korité.

Biram Ould Dah sur kassataya : « j’appellerai au boycott de ce recensement… L’Etat mauritanien n’est pas invincible » (mise à jour)

Kassataya, 18 juillet 2011- Dans un entretien accordé à Kassataya, Biram ould Dah ould Abeid, qui séjourne actuellement en Europe, a annoncé qu’il appellera au boycott de l’enrôlement des populations en Mauritanie dès son retour au pays.

«Ce recensement n’est pas seulement contre les communautés bambara, peuls, soninké et wolofs. Ce recensement est aussi très dangereux pour la communauté haratine, et ça personne ne le dit. Il y a 600 000 esclaves domestiques qui n’ont pas de papiers et l’Etat mauritanien refuse de leur en donner ». Le leader du mouvement IRA a ajouté que parmi les affranchis seule une minorité dispose de papiers, sur un effectif qu’il situe entre 1 200 000 et 1 400 000habitants, soit près de la moitié de la population mauritanienne.

Biram Ould Dah s’est en outre insurgé contre le fait que, par un décret politique, la communauté haratine soit cataloguée arabe, ce qui, pour lui « est un déni extrêmement grave, une oppression extrêmement grave contre laquelle l’IRA lutte ».

Il s’est enfin attaqué aux partis et organisations qui dénoncent le recensement et qui partent quand même s’inscrire. « Je ne peux pas dénoncer un recensement et aller me recenser alors que les autres [citoyens], on leur dénie le droit de se recenser, alors que ce sont des gens que je suis censé défendre… J’appellerai dès mon arrivé à Nouakchott au boycott de ce recensement et je ne me recenserai pas. Et je considère que c’est une incohérence que d’aller se recenser, c’est raser les murs, ce n’est pas correct, ce n’est pas cohérent. Il faut payer le prix de ce combat ».

Il conclue en disant que « l’Etat mauritanien n’est pas invincible, surtout sous Ould Abdel Aziz qui est un tigre de papier… Il faut que les gens descendent dans les rues… Il faut une mobilisation populaire. Il faut un rapport de force dans les rues, dans les medias, devant la communauté internationale ».

L'extrait est disponible ici.

L'intégralité de l'entretien est disponible en podcast.

mercredi 15 juin 2011

Edito : recensement national de la population, illusio et culture du travail bâclé.

Dans le répertoire bourdieusien, l’illusio correspond à cette tendance à adhérer à un champ qu’on s’empresse de mettre à l’abri de la discussion. Dit rapidement, c’est un peu comme s’inventer une histoire tout droit sortie de notre imagination et qu’on finit par prendre pour vérité indiscutable.

C’est un exercice dans lequel excellent les décideurs mauritaniens. Ainsi, construisent-ils des routes recouvertes d’une matière noirâtre que l’on considère comme du bitume. Tombées les premières pluies, les automobilistes slaloment entre les crevasses en cherchant les traces de ce qui dans une autre vie ressembla à une route bitumée. Normal : le plus important n’était pas d’avoir une route de qualité mais bien de pouvoir dire que l’entrepreneur a livré une route en contrepartie de l’argent empoché et le politique est contant de pouvoir pavaner lors de l’inauguration. Idem pour les ponts : on se souvient du feuilleton du pont de Kamour fait et refait dans la précipitation et qui s’effondre à répétition.

Avec de mauvaises données on ne prend que de mauvaises décisions.

Et voilà que le gouvernement confie le recensement national de la population à une commission dirigée par une personne contestée. Au vu du déroulement dudit recensement, on est en droit de penser que les réserves émises sur les compétences et la composition de la commission sont loin d’être injustifiées. Un recensement, dans son principe, permet de compter pour savoir combien nous sommes ? Comment se répartit la population ? Combien de jeunes ? De femmes ? D’enfants ? De personnes âgées ? D’émigrés ? Etc.… Il a pour objet d’aider le décideur à quantifier, à identifier les besoins, à répartir l’enveloppe des ressources disponibles en connaissance de cause, à planifier ses actions… D’où l’importance de disposer d’informations fiables. Avec de mauvaises données on ne prend que de mauvaises décisions.

Tout ne peut pas être instrumentalisé, politisé.

Or, de nombreux témoignages dont ceux de députés, montrent que nous assistons à un véritable sabotage des opérations d’enrôlement. Des agents posent aux citoyens venus se faire enrôler des questions suspectes et humiliantes : connaissez-vous le nom de l’épouse de tel notable ? Parlez-vous telle langue ? Savez-vous réciter le Coran ?... Les agents de recensement ont-ils vocation à se substituer au juge et à décider de la mauritanité d’un citoyen qui présente les documents requis ? De même, ils refusent de recenser les personnes de moins de 45ans. Les heureux élus doivent pour leur part présenter leurs parents s’ils sont en vie. Si vous êtes fâchés avec vos parents, tant pis pour vous, vous ne serez pas recensés ; à moins de faire la paix pour les besoins de l’enrôlement. Pour compliquer les choses, le recensement ne se fait que dans les chefs-lieux de département, avec parfois des distances de plusieurs centaines de kilomètres à parcourir en plusieurs jours pour les plus déterminés. Les mauritaniens nés à l’étranger ne sont pas enregistrés. Quant à ceux fixés à l’étranger, leur cas ne semble intéresser personne. Résultat des courses : de nombreuses personnes ne peuvent pas se faire enrôler. Et comme pour finir de jeter un voile de suspicion légitime sur le processus, tout se déroule de façon confidentielle, comme si quelque part, quelqu’un avait intérêt à ce que les choses se déroulent en petit comité. Qui a intérêt à saboter ainsi les statistiques du pays ? Pour quels sombres desseins ? Pourquoi les plus hautes autorités laissent-elles faire ?

Imaginons un père de famille donnant la dépense quotidienne à son épouse en faisant semblant d’ignorer la présence de quelques membres de la famille ! Comment peut-il s’étonner que le repas ne suffise pas aux besoins de tous surtout quand des visiteurs imprévus (ils ne le sont pas souvent chez nous) se sont retrouvés dans la maisonnée opportunément à l’heure du repas ?

Ce recensement a réussi le tour de force de mobiliser contre lui presque tous les mauritaniens. Les négro-africains crient à la tentative de marginalisation. Les arabo-berbères s’insurgent contre les embuches semés sur leur chemin comme pour les dissuader de se recenser. C’est un scandale ! En 1998, l’organisation était autre ; l’esprit aussi. Plus de dix ans après, la Mauritanie avance à grands pas. A reculons.

Avec ce recensement, on (dés) organisera notre état-civil de même que le fichier électoral. On fera alors semblant d’avoir des papiers mauritaniens ; on fera semblant aussi de voter comme le font ceux qui font semblant de croire en la démocratie. Après tout, chez nous, on fait toujours semblant. Semblant de solder les assassinats extrajudiciaires, les crimes et les déportations en les nommant « passif humanitaire » ; semblant de minimiser la gravité d’un coup d’Etat militaire en l’appelant « rectification » ; semblant de vendre une entourloupe gigantesque en l’appelant « démocratie », semblant de construire un pays en l’appelant « Mauritanie ». Et interdiction formelle de remettre tout ça en cause ou même d’en douter : « Aux questions sur les raisons de l'appartenance, de l'engagement viscéral dans le jeu, les participants n'ont rien à répondre en définitive, et les principes qui peuvent être invoqués en pareil cas ne sont que des rationalisations post festum destinées à justifier, pour soi-même autant que pour les autres, un investissement injustifiable. » (Bourdieu, Méditations pascaliennes). Tout est dit.

Abdoulaye DIAGANA

KASSATAYA.COM

Billet : Ould Abdel Aziz lâche Khaddafi, un fidèle soutien.

La vie est cruelle pour les rêveurs ! Et la politique donc ! Il doit siéger dans le crane
de Mouammar Khaddafi un violent tourbillon suite à la décision de Mohamed Ould Abdel Aziz
de le déclarer fini et incapable de diriger la Libye. Qui l?eut cru ? On se souvient
qu?après le coup d?Etat perpétré par le général Mohamed Ould Abdel Aziz contre Sidi Ould
Cheikh Abdallahi, le colonel Khaddafi, alors président de l?UA s?était fait un point
d?honneur de faire entériner le fait accompli. Pendant que le Groupe de Contact (UA, OIF,
CEDEAO, OCI, Ligue Arabe) s?employait à faire plier la junte militaire, Mouammar Khaddafi
défendait urbi et orbi la légitimité de Mohamed Ould Abdel Aziz.

C?est ainsi que recevant le président renversé à Tripoli en mars 2009 pour chercher une
solution à la crise institutionnelle en Mauritanie, le Colonel Khaddafi faisait
comprendre à Sidi ould Cheikh Abdellahi que le retour en arrière n?était pas possible et
que toute solution devait tenir compte du fait que Ould Abdel Aziz était le président de
la Mauritanie.

Surpris par une cette position peu habituelle de la part d?un arbitre Sidi Ould Cheikh
Abdallahi rentrait tranquillement reprendre sa méditation à Lemden, son village natal où
il avait été assigné à résidence.

Auparavant, en signe de reconnaissance, Khaddafi avait accrédité un ambassadeur nommé par
la junte militaire. Le colonel parvenait même à obtenir de son protégé mauritanien la
rupture des relations diplomatiques avec Israël juste avant une visite restée gravée dans
les mémoires. Indignés par le soutien affiché au grand jour par le colonel Khaddafi
envers le général ould Abdel Aziz, la délégation du FNDD avec à sa tête Messaoud Ould
Boulkheir avait alors quitté ostensiblement le palais des congrès pour manifester son
désaccord.

Fort de ce soutien (et de bien d?autres), le général Ould Abdel Aziz réussit à
«régulariser» son pouvoir.

Le Colonel Khaddafi se faisait fort de sillonner une Afrique en ébullition pour dénoncer
la démocratie qui serait une excroissance honteuse importée d?un Occident honni. Il
encourageait le président Tanja du Niger à modifier la constitution de son pays pour
s?éterniser au pouvoir.

Aujourd?hui, la bourrasque a tourné. Et elle est arabe. Le fantasque colonel est dans de
sales draps, plus proche de la Roche Tarpéienne que du Capitole. Réaliste, Ould Abdel
Aziz n?a pas jugé utile de se compromettre pour son désormais ex parrain.

Ironie du sort, fin février 2011, la Mauritanie publiait un communiqué dans lequel elle
réaffirmait «sa conviction entière que la pratique effective de la démocratie et des
libertés publiques et individuelles est le seul garant de la paix, de la sécurité, de la
stabilité et de la prospérité des peuples » (sic).

Dans la foulée, Ould Abdel Aziz se débarrassait de Naha Mint Mouknass, ministre des
affaires étrangères réputée proche de Khaddafi. En politique il n?y a pas d?amis. Les
intérêts convergent ou non et font des alliés de circonstance. Ould Abdel Aziz aurait pu
choisir la loyauté. Il lui a préféré le réalisme. Ainsi va la politique. Ce n?est
certainement pas Khaddafi qui dira le contraire.

Abdoulaye Diagana

Source: KASSATAYA

Sensation à l'ouverture du congrès des FLAM: Samba Thiam fait les comptes, les FLAM ne peuvent pas porter seules le fardeau de la lutte.

La salle des fêtes de l'hôtel Ibis de Champs-sur-Marne (près de Paris) a abrité ce samedi
28 mai 2011 la cérémonie d'ouverture du VIIème congrès des Forces de Libération
Africaines de Mauritanie (FLAM). Première surprise, contrairement aux habitudes dans ce
genre de circonstances, invités et congressistes ont répondu présent presque sans retard,
malgré l'heure matinale.
La matinée s'annonce prometteuse. Il suffit de jeter un regard sur l'organisation pour
s'en convaincre : accueil chaleureux des hôtesses sourire de rigueur, stand à l'entrée où
sont exposés les badges nominatifs des invités et des congressistes, croissants,
petits-fours, petit déjeuner en libre-service... du rarement vu dans les manifestations
africaines comme le fera remarquer le journaliste Sidik Abba de la PANA.
10h : les invités s'installent dans la salle de conférence et échangent des politesses.
Certains font connaissance, d'autres fêtent les retrouvailles : la délégation américaine
est bien représentée. Soudain, les regards se tournent vers l'entrée : le président Samba
Thiam fait son entrée. Quelques poignées de main et le voilà installé à la tribune
entouré de Ibrahima Mifo Sow, secrétaire à l?organisation, de Ndongo Abou Bekrine,
coordinateur du conseil national et Ibrahima Abou Sall, secrétaire général de la section
Europe de l?Ouest et organisateur de l?événement. Après un bref mot de bienvenue ce
dernier, très détendu et souriant, donne la parole au président Samba Thiam qui ouvre son
discours en rappellent que les « congrès étaient un moment de pause? destinés à faire le
point, à ouvrir des perspectives et à réajuster, au besoin, méthodes et stratégies de
lutte ». Le ton est donné. Ce congrès ne sera pas comme les autres.
Dictature raciste et arrogante
Très remonté contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz qui « au tout début de sa prise
de pouvoir avait suscité quelque espoir », Samba Thiam dénoncera l'absence d'équilibre
dans la représentativité dans la haute administration, l'évacuation de la question du
passif humanitaire, l'arrêt brutal du retour des réfugiés, la spoliation des terres de la
Vallée, et le laxisme dans la gestion de la question de l'esclavage. Pour le président
des FLAM, le constat est clair et amer : « le régime, par toutes ces pratiques, est
entrain de révéler sa vraie nature : une dictature camouflée, arrogante, répressive et
raciste, qui œuvre à préserver le même Système discriminatoire, à l'origine des régimes
militaires arabo-berbères qui l'avaient précédé ! Comme ces derniers, le Régime du
président Mohamed Ould Abdel Aziz élude les questions centrales pour n'aborder, au petit
bonheur la chance, que les questions périphériques, techniques, secondaires ». Il
reviendra ensuite sur les violences contre les étudiants noirs à l'université de
Nouakchott avant de minimiser la portée de la décision prise par les autorités
mauritaniennes de répertorier les tombes des disparus depuis l'indépendance.
Dispersion des forces, rôle des sites électroniques
La charge est violente contre le régime. Elle le sera à peine moins pour « les forces de
la résistance ». Samba Thiam ne se montre pas tendre en effet avec ces organisations, les
FLAM comprises, qui se livrent à une querelle de clochers, « jouant au leader »,
organisant leurs propres manifestations? Il fustigera également la gestion des sites
électroniques sur fond de chasse aux visiteurs, regrettant qu'elles donnent dans l?auto
flagellation au lieu de s'attaquer au Système.
Le moment est venu de nous remettre en cause.
« A situation nouvelle, stratégie nouvelle », lance Samba Thiam. La salle retient son
souffle. Le fantôme du congrès de Cincinnati qui a vu l'organisation traverser une sévère
crise semble s'éloigner. Samba Thiam poursuit en appelant à « l'unité la plus large
possible avec les forces patriotiques, démocratiques et progressistes qui partagent, avec
nous, les mêmes aspirations? S'unir ou périr tel est le sens et l'alternative de
l'instant, tel est l'enjeu du moment ». Les lignes semblent bouger. Et pas de peu. Et le
président des FLAM de déplorer l'autosatisfaction et la condescendance auxquelles son
organisation a pu céder par moments. C?est qu?après avoir rendu un hommage appuyé aux
martyrs qui ont donné leur vie et aux militants qui font preuve de persévérance, Samba
Thiam en est arrivé à la conclusion qu' « il serait illusoire de croire qu'une seule
organisation, même toute puissante, au vu des conditions internes de plus en plus
difficiles et complexes, fut en mesure de venir à bout, toute seule, du Système en cours
». L'auditoire saisit la portée de la déflagration et la couvre de ses applaudissements.
Un véritable tournant s'annonce. Ce congrès ne ressemblera décidemment pas aux autres.
Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, le président des FLAM martèle qu'il faudra se
préparer à « prendre les décisions courageuses qu'impose l'évolution de notre
organisation, voire sa survie ». Un autre tabou va tomber : le mouvement va se redéployer
en Mauritanie. C?est l'objet d?une vieille querelle qui vole en éclats. Désormais, plus
rien ne sera comme avant. En se débarrassant de ces écueils, les FLAM renvoient
habilement la balle dans le camp des autres organisations et partis. Les FLAM se disent
prêtes pour le rassemblement et le combat sur le terrain.
Tous les invités qui prendront la parole abonderont dans le même sens et encourageront
les FLAM à aller jusqu?au bout de ces résolutions. Une absence de taille assombrit
cependant le concert : la section française de l?AJD/MR n?a pas répondu à l?invitation
des FLAM.
Il est 12h30, les congressistes ont une demi-heure d'avance sur le programme. Les invités
s'installent dans le restaurant de l'hôtel. Les discussions informelles reprennent dans
une atmosphère bon enfant. Des acteurs qui s'étrillaient copieusement sur le net
rigolent, plaisantent et mangent côte à côte. Un nom s'invite soudain : mais qui est donc
Poullori ? Où est-il ? Quelqu'un semble l'identifier à une table. Tout le monde en rit.
Aucune tension n'est visible. Le syndrome de Cincinnati est exorcisé.
En raccompagnant quelques invités et en répondant à l'un d'eux désireux de prendre la
carte des FLAM pour assister aux travaux du congrès, Ibrahima Sall répond en riant « ce
sera pour le huitième congrès à Nouakchott ». Rendez-vous est pris. Les invités se
dispersent vers 15h, laissant les congressistes mettre en musique la feuille de route
tracée par le président. Les conclusions seront attendues avec impatience. Une page est
entrain d'être tournée.

Abdoulaye DIAGANA pour KASSATAYA

mardi 25 août 2009

Allah a donné. Allah a repris. Béni soit le nom d’Allah !


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Dans le malheur qui nous a frappés cette semaine, nous avons eu des témoignages d’amitié qui nous ont réconfortés et aidés à atténuer la peine. Que tous trouvent à travers ces quelques lignes notre profonde gratitude.
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« Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : « certes nous sommes à Allah, et c’est à lui que nous retournerons » Coran 2 :155, 156.
Bien cher ami,
Voilà partis les derniers visiteurs. Plaie vive, torrent de larmes, cœur dévasté dans la cruelle solitude. J’ai le temps de penser pour essayer de comprendre et encaisser le coup. Allah a donné, Allah a repris. Béni soit le nom d’Allah. On ne devrait pas avoir de projet du tout. On devrait juste agir, faire ce qu’on pense devoir faire et défaire les pièges de l’instantanéité qui nous confine à la procrastination. Depuis au moins cinq ans je prie pour que ce jour ne me trouve pas loin de toi (je le répétais à un ami il y a seulement deux semaines). Il me fallait venir vivre aux moins deux semaines à Kaédi pour percer auprès de toi certains mystères. Exemple : comment peut-on en milieu urbain tenir à vivre avec des animaux au point de ne plus avoir à répondre à ceux que cette compagnie improbable importunait que : « celui qui n’aime pas mes vaches je n’ai rien à lui dire » ou encore : « celui qui n’aime pas les animaux n’a tout simplement pas de cœur » ? Deux anecdotes me mettent sur une piste. Il me faut revenir au début de la décennie 80’. Un de tes veaux se faisait attaquer par un chacal qui lui arrachait un morceau de viande à vif (ainsi vivent les chacals). Alerté, tu rapatriais la victime à la maison, à l’Elevage. Toute la maisonnée fut mobilisée des jours durant au chevet de la pauvre victime. Un jour que tu lui administrais des soins, je t’entendis dire « fais ce que doit, advienne que pourra ». Du haut de mes huit ans, je t’en demandais la signification. Tu te contentas de m’expliquer le sens du proverbe, me laissant deviner que les jours du patient étaient désormais comptés. Allah a donné, Allah a repris. Béni soit le nom d’Allah.
La seconde anecdote vint quelques mois après. Un très joli bélier blanc que tu élevais à la maison et que tu appelais affectueusement par le nom d’un homme politique mauritanien pour qui tu avais le plus grand respect, vint à faire un violent malaise qui nous traumatisa tous. Tu mis toute la bonne volonté que nous te connaissions à le sauver. Au bout de quelques longues minutes je t’entendis, la voix enrouée et les yeux embués, demander à mon jeune frère d’aller appeler quelqu’un. Toi le vétérinaire, appeler au secours au sujet d’un mouton agonisant ? La chose devait être bien mal engagée pour le pauvre bélier ! Tu prenais un couteau et tournais autour. Tu n’eus jamais le courage de lui trancher la gorge. Voici : nous ne mangeâmes de cette viande ce jour-là que parce que quelqu’un d’autre était venu faire la seule chose qu’il y avait à faire à cet instant précis. Tu avais faibli et manqué de courage. Elégante lâcheté ! Que disais-tu déjà ? Celui qui n’aime pas les animaux n’a pas de cœur et doit compléter sa foi en Allah. Allah a donné, Allah a repris. Béni soit le nom d’Allah.
Second mystère que je désirais percer : comment faisais-tu pour discuter (qu’est-ce que tu étais prolixe !) le matin après le petit déjeuner de l’islam en faisant l’exégèse de certains passages, revenant sur le sabab nouzoul, parlant de Figh ou de Sira et enchaîner le soir pendant et juste après le diner sur Mahmoud Kati, Sainte-Beuve, le Romantisme, les Parnassiens, Corneille, Fanon, Sophocle, Descartes, Al Hajaj, Ibn Sina, Theucidide ou Epicure ? Comment pouvais-tu discuter avec autant de simplicité et d’ouverture d’esprit, sans aucune censure ni tabou avec tes enfants comme s’il s’agissait de tes camarades de classe (nous avons gardé ensemble moutons et vaches mais cela suffit-il comme explication ?) pour n’interrompre le débat que pour aller diriger la prière dans une moquée de la Jedida ? Quel était ton secret pour attirer tous ces jeunes qui discutent et rigolent avec toi comme dans une cour de récréation ? Allah a donné, Allah a repris. Béni soit le nom d’Allah.
La dernière fois que je t’ai vu, il y a deux ans, nous avons beaucoup échangé au sujet de la Sourate Luqman. « Ô mon enfant, accomplis la Salat, commande le convenable, interdis le blâmable et endure ce qui t’arrive avec patience. Telle est la résolution à prendre dans toute circonstance » (Coran 31 :17). Tu prêchais et vivais la simplicité et l’humilité mais à un point ! (en même temps si tu n’exécrais pas au plus haut point le matériel, nous n’aurions jamais profité de ces jolis boubous, caftans, montres et parfums que tu renvoyais au fond de l’armoire et qui faisaient notre bonheur). Luqman enseignant à son fils : « Et ne détourne pas ton visage des hommes et ne foule pas la terre avec arrogance : car Allah n’aime pas le présomptueux plein de gloriole. Sois modeste dans ta démarche et baisse ta voix, car la plus détestée des voix c’est bien la voix des ânes » (Coran 31 : 18, 19).
Le voisin est sacré au point que fut posée la question de son droit à l’héritage. Recherche son pardon ne serait-ce que par l’odeur de ta cuisine : t’es-tu renseigné pour savoir s’il a de quoi diner ? L’objet sur lequel on trébuche (un caillou, une branche, une boite de conserve vide…) doit être ramassé et mis hors d’état de nuire. C’est une différence de taille entre l’humain et l’animal. Ne jamais, jamais, jamais porter la main sur une femme. Jamais. « Mon père ne battait pas les femmes, je ne le fais pas et je vous demande de ne pas le faire. » L’ami ! Toutes ces discussions me manqueront certainement. Après ça, on ne porte plus le même regard sur la vie.
A quoi as-tu pensé en dernier ? A tes élèves de l’école coranique ? Au séminaire de formation des imams que tu préparais dans la ferveur ? Aux travaux de réhabilitation de la mosquée ? A ta rencontre avec ton Seigneur (qu’Il soit satisfait de toi)?
« Nul ne sait ce qu’il acquerra demain et nul ne sait dans quelle terre il mourra » (Coran 31 :34). Tu es parti au moment où on s’y attendait le moins, après avoir accomplis ta prière. On ne s’y attendait pas parce qu’à même pas soixante-dix ans on pensait pouvoir profiter encore de toi quelques années d’autant que nous ne te connaissions pas de maladie grave. Mais la dessus nous n’avions aucune garantie ni promesse d’Allah. « Ô âme apaisée ! Retourne vers ton Seigneur, satisfaite, agréée ; entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis » (Coran 90 :27, 28, 29, 30). Allah a donné, Allah a repris. Béni soit le nom d’Allah.
Pour ne pas ennuyer le lecteur, je n’ai parlé que de l’ami que tu as surtout été avant tout pour nous. Quant au père, il me faudra un éditeur.
Abdoulaye Diagana

dimanche 9 août 2009

Puisqu’il faut enfin se mettre au travail !


Puisqu’il faut sauver ce qui reste des institutions et que la rue n’arbitrera de toutes les façons pas le second tour, puisque les chances de voir le nouveau président de la république accéder à la demande de l’opposition sont proches de zéro (et c’est dommage), puisque tant d’éléments se déchainent et se liguent contre le volontarisme (réel ou supposé) de notre élite politique, la carte la plus probable reste celle de « la politique de ses moyens » qui confine à ce « réalisme » qui, en d’autres circonstances, ouvre la porte à tous les possibles et à tous les écarts. A moins de proclamer comme il y a quarante ans sous les barricades « soyons réalistes, demandons l’impossible ! », l’heure devra être au travail. Quelle que soit l’amertume de ceux qui ont pensé que le vainqueur de l’élection n’est pas celui qui était attendu ou encore que les conditions de ladite élection n’étaient pas idéales, il y a une réalité dont il faut s’accommoder et au plus vite : il y a bien une vie (politique) en dehors de la Présidence de la République (et de la rue publique). Quand Demba Sadio, Doubale Less et les grands lutteurs qui ont fait le bonheur des férus de ce noble sport se préparaient au combat, c’était toute une mécanique qui se mettait en branle. Traditionnalistes, griots, marabouts, féticheurs, musiciens, chanteurs, aficionados…tous étaient de la partie pour que la fête soit belle. Ne descendaient dans le dingiral (bera en soninké : arène) que les champions. Au nom de cette organisation du travail et de la nécessaire répartition des taches, tout le monde doit être au poste pour enfin qu’on s’attaque aux immenses travaux en souffrance.
L’opposition peut se renforcer et jouer ce rôle de vigie alertant les citoyens sur les implications des politiques initiées par la majorité. Elle doit tirer les enseignements de ses échecs (somme toute relatifs) et se demander si le jeu démocratique doit se limiter à la participation aux élections. L’encadrement des militants, l’instruction civique et politique en vue de faire comprendre le sens du vote et le rôle du citoyen dans la cité, l’implication de l’électeur dans le jeu politique en lui donnant comme contrepartie le pouvoir de contrôler l’action publique (on peut commencer par le local à travers les municipalités par exemple) et en rendant systématique le compte-rendu de mandat, l’écoute des populations et la prise en compte de leurs craintes, de leurs interrogations, de leurs doutes et aspirations…ce sont-là autant de pistes de réflexion pour se prémunir de certains travers et déconvenues (achats de conscience, nomadisme…) ou tout au moins, en limiter les méfaits.
La majorité doit donner acte de ce que l’opposition a reconnu (plus exactement « a pris acte »), sur le plan juridique, les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel. Mais la majorité doit aussi intégrer le fait que cette même opposition tient pour entière la crise politique que l’élection présidentielle était supposée définitivement résorber. En conséquence, le reconnu « juridiquement » vainqueur (plus prosaïquement, le Président de la République) doit clore la phase de la campagne et gouverner dans l’apaisement, c’est-à-dire loin de l’état d’esprit qui a animé le processus de conquête du pouvoir. A moins de vouloir ramener le pays à une situation caractérisée par le monolithisme politique et la chasse aux sorcières de l’opposition, la majorité doit éviter de faire payer leur choix à ses adversaires politiques en les livrant à la vindicte et en se barricadant derrière l’ostracisme et la stigmatisation.
Que « ceux qui ne savent pas faire autre chose qu’écrire et penser» -nul n’est parfait- (avec leurs limites et leurs modestes moyens), enrichissent le débat en s’inspirant de l’agriculteur qui a les pieds dans la boue tout en scrutant l’horizon pour en déchiffrer les moindres signaux. Parce qu’avant de réclamer la démocratie et l’ETAT moderne (westphalien), il nous faut aussi nous entendre sur le contenu que nous leur donnons. Faire l’économie du débat sur ces fondamentaux ouvre la voie aux malentendus.
La Société Civile (par la défense des opinions des plus vulnérables), les opérateurs économiques (en ne faisant pas du profit le point d’où tout doit partir et où tout doit revenir) tous en se faisant citoyens s’acquittant de nos devoirs tout en ne réclamant que ce qui nous est dû, les agents au service de l’Etat en se mettant au service de tous et non de leurs seuls ambitions et intérêts, les forces de défense et de sécurité en se consacrant (enfin) à la mission qui est la leur et en abandonnant la politique aux politiques au moment où notre pays inaugure les attentats-kamikazes (l’horreur a-t-elle élu domicile chez nous ?) nous avons tous un rôle primordial à jouer afin que la chose publique soit réhabilitée et que la communauté de destin nous conduise à donner toutes ses chances à ce projet que nous nourrissons pour notre Mauritanie : un pays qui protège tous ses fils et qui subvient aux besoins de chacun dans la mesure du possible sans discrimination aucune et qui inspire le respect sur la scène internationale.

Abdoulaye DIAGANA
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dimanche 2 août 2009

Élection présidentielle, la rue n’arbitrera pas le deuxième tour.


Note : Aux esprits simples, aux simples d’esprits avides de vérités simples : vous n’êtes pas obligés de chercher en vain à décrypter des textes d’analyse politique. Vous pouvez aller faire autre chose si vous saviez ! Cette plume est celle d’un homme libre, qui n’est ni soumis aux chapelles ni prompt à céder à l’embrigadement. Si manger à tous les râteliers m’intéressait, je serais devenu obèse depuis très longtemps.

***

Le FNDD et le RFD (et selon toute vraisemblance, le candidat Ely Ould Mohamed Vall) vont donc poursuivre leur alliance pour faire la lumière sur le scrutin du 18 juillet 2009 dont le déroulement souffre d’un fort soupçon de fraude. S’ils avaient fait le choix inverse, ainsi que nous l’écrivions hier, ils n’auraient pas perdu la face. Maintenant qu’ils se disent prêts à accepter les résultats à la condition qu’une enquête indépendante dissipe les doutes, nul ne peut raisonnablement leur en tenir rigueur. Au justiciable qui réclame justice on ne peut opposer l’accusation de l’extrémisme en même temps qu’on se montre indulgent avec l’auteur présumé du délit. Cette opposition-là n’a pas choisi la facilité. Elle adopte cette posture au moment même où l’essentiel des partenaires de la Mauritanie se sont empressés de féliciter le déclaré vainqueur dès le résultat proclamé par « les sages » du Conseil Constitutionnel. Elle sait qu’elle joue gros : il lui faut mobiliser l’opinion nationale pour un combat décisif dont l’issue et la longueur seront fonction du rapport des forces en présence. Pas gagné. Le fer a refroidi.

Pour le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz qui a enfourché sa rossinante pour lutter contre la gabegie et la prévarication (pour les esprits malins qui ne l’ont pas compris quand j’utilisais l’expression « chevalier blanc », je n’ai rien contre la satire et le second degré) il y a là une belle occasion de joindre le geste à la parole : il se doit, lui le premier, au nom de ce combat dont il se veut le champion (encore une fois c’est lui qui le prétend, mais là ce n’est plus de l’analyse, ça devient une explication de texte), exiger que soit levée toute suspicion sur les conditions de son élection. Parce que voler une élection n’est pas moins grave que voler le budget d’un projet ou d’un service, nous avons besoin de savoir s’il a lui-même franchi les étapes sans malversation…électorale. Il lui sera très difficile d’être crédible quand il n’a pu se montrer rigoureux et juste en refusant de s’appliquer ce qu’il veut appliquer à autrui. Pour un mauvais départ c’en est un. Mais entre nous, vu le calme de la « rue », il est très peu probable qu’il accède à cette demande.

Quant à la Mauritanie, elle retient son souffle et pense sans doute à ce qu’elle a pu gagner en troquant une élection saluée par tous il y a juste deux ans pour une largement contestée par les plus représentatives des forces d’opposition. Pour mettre tout le monde d’accord et éviter à un pays exsangue les affres de la contestation et de l’instabilité politiques, qu’on ouvre donc cette enquête pour que tout le monde puisse passer sereinement à autre chose. Il n’y a rien de telles que la rumeur et la suspicion pour jeter le discrédit sur nos institutions qu’il faut préserver et renforcer. Après tout, à quoi s’expose le pays en accédant à la demande des plaignants ? A pas grand-chose en vérité. Première hypothèse, les accusations ne sont pas étayées par des preuves formelles et irréfutables. Le déclaré vainqueur gagne en légitimité et les déclarés vaincus le félicitent comme ils semblent y être disposés et tout le monde le juge à l’œuvre et à l’ouvrage. Deuxième hypothèse, les accusations étaient fondées. Peut-on imaginer l’invalidation du scrutin et l’organisation de nouvelles élections ? Ou aura-t-on tout au plus un Gouvernement d’Union Nationale comme au Kenya ou au Zimbabwe? Au regard de l’importance de l’enjeu, il est plus que nécessaire de dissiper cet épais brouillard en accédant à la demande des plaignants, d’autant qu’en face on dit ne rien à se reprocher. Faut-il rappeler que les raisons invoquées, entre autres, pour justifier le coup d’Etat du 6 août étaient que le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi faisait obstruction et refusait l’ouverture d’une enquête sur le financement de la fondation de son épouse ? Et les accusateurs refuseraient l’ouverture d’une enquête sur un scrutin majeur ? Quand on vous dit qu’il y a une ironie dont seule l’histoire détient le secret !

Salut

Abdoulaye DIAGANA

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mardi 28 juillet 2009

Edito: Sauver ce qui reste de la crédibilité des institutions

Le Conseil Constitutionnel a donc validé le scrutin du 18 juillet 2009 dont les résultats donnent vainqueur le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz. L’opposition qui a manifesté depuis le 6 août pour défendre le respect de la Constitution n’a plus d’autre alternative que de sauver ce qui reste de crédible dans nos institutions malmenées par 11 mois de retournements spectaculaires. Pour les leaders de l’opposition, ce n’est pas perdre la face que de préserver ce qui est plus important que tout le reste. Cette reconnaissance ne fera que renforcer leur posture de rempart contre les dérives anticonstitutionnelles. Plus que jamais, l’opposition joue sa crédibilité. Qu’elle rejette les résultats de cette élection et elle foule au sol les institutions qu’elle prétendait défendre naguère en même temps qu’elle met l’hypothèque sur ses chances de participer à d’éventuelles échéances électorales organisées par un président dont elle conteste la légitimité. C’est un pari extrêmement risqué, d’autant que la configuration n’est plus celle de l’après coup d’Etat. Les partenaires étrangers, y compris les plus irréductibles comme les USA, semblent se faire à l’idée de coopérer avec le nouvel élu. L’opposition ne pourra plus compter dès lors que sur les forces intérieures. Justement au plan national, les populations pourraient bien ne pas répondre à l’appel à la résistance au moment où presque rien ne fonctionne dans ce pays depuis le putsch du 6 août 2008. La lassitude, l’apathie et le désir de passer à autre chose font que cette élection, en dépit des soupçons qui pèsent sur les conditions de son déroulement, agissent sur les populations comme le frais ombrage de l’arbre touffu sur le voyageur fatigué : pose-toi là et repose-toi ! Et il n’y aura pas de quoi casser trois pattes à un canard.
S’il y en a qui doivent se sentir mal à l’aise ce sont nos « sages » qui, le 24 juin dernier déclaraient anticonstitutionnel le décret du président par intérim portant convocation du collège électoral pour le 18 juillet avant de valider quelques jours plus tard un autre décret signé dans les mêmes termes. Il est vrai qu’entre temps un chef d’Etat étranger est venu s’entretenir avec les « sages » du conseil constitutionnel et on se doute bien pourquoi.
Autre source de malaise : deux ans après avoir proclamé les résultats d’une élection présidentielle dans un consensus absolu et un climat apaisé, ils s’apprêtent à investir un président dont l’élection est contestée par trois de ses principaux concurrents et ce, sans lever la suspicion qui règne sur ladite élection.
Mauvais arrangement ou bon procès ?
Mohamed Ould Abdel Aziz sera président, souhaitons, jusqu’à la fin de son mandat, sans que lui arrive ce qu’il fit à son prédécesseur. La communauté nationale attend maintenant qu’il s’attaque aux chantiers qu’il a ouverts et qu’il réalise les importantes promesses qu’il a faites. Les moindres de ses faits et gestes seront minutieusement scrutés, lui le chevalier blanc qui a fait de la lutte contre la pauvreté et la gabegie un slogan de campagne. Que l’opposition joue son rôle en allant à l’assaut de tous les leviers lui permettant d’avoir l’œil sur la façon dont le pays sera gouverné. Qu’elle fasse le bilan et réajuste au besoin sa stratégie. Que tous préparent une nouvelle génération d’acteurs politiques avec de nouvelles façons de faire la politique.
Bonne chance à la Mauritanie !


Abdoulaye DIAGANA


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mardi 30 juin 2009

Réouverture des listes électorales: y a-t-il le feu à l'arrière-train?


Bonsoir,

Le décret qui a été validé par le conseil constitutionnel appelle à voter l'ENSEMBLE DU CORPS ÉLECTORAL et la réouverture des listes électorales concerne ce même ENSEMBLE. Il est inconcevable que certains citoyens puissent être concernés par cette décision à l'exclusion des autres. Le DROIT DE VOTE est pour tous les mauritaniens en âge de voter et jouissant de leurs droits civiques. Les autorités consulaires au service des citoyens mauritaniens établis à l'étranger se doivent de faire en sorte que leurs protégés puissent exercer dans les meilleurs conditions leurs droits consacrés par la Constitution qui nous rassemble et que nous essayons de réhabiliter. Pour finir les inscriptions ne sont ouvertes que jusqu'à jeudi. Pourquoi tant de précipitation? L'essentiel réside-t-il donc dans l'organisation d'une élection présidentielle quel qu'en soit le prix et quelle que soient les conditions? Vite fait bien fait et bon débarras: jeter l'apprenti nageur au milieu du fleuve et lui demander d'échapper aux tourbillons, aux tumultes, aux caïmans... En attendant d'obtenir le prolongement de l'ouverture des listes électorales (au moins jusqu'au début de la semaine prochaine pour que les mauritaniens établis dans les coins reculés à l'intérieur du pays comme à l'étranger dans les villes de province), il faut donc mobiliser au maximum par tous les moyens à notre portée. Envoyez ce message à tous vos contacts par mail, texto, téléphone, skype, msn, pigeon voyageur, porteur, nuage de fumée...

Bien à tous

samedi 27 juin 2009

Juste une illusion


C'est fait: le Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi vient de signer l'acte par lequel il renonçait volontairement au mandat que lui avaient librement confié les mauritaniens et qui courait en principe jusqu'en 2012. Par ce geste, le Président élu débloque une situation qui avait plongé le pays dans l'immobilisme avec la promesse de lendemains incertains (ils le sont peut-être toujours du reste). La vie politique va se poursuivre donc sans lui. Le jour viendra certainement où les comptes se feront sans passions et avec discernement. Avons-nous raté quelque chose? Sommes-nous bien partis?
Avec toute la bonne volonté du monde il sera très difficile de dire que le pays et ses institutions sortent renforcés de cette épreuve.
D'abord, la classe politique s'est montrée incapable de nouer le dialogue et de parvenir à dépasser les contradictions inhérentes à l'exercice du pouvoir et à la gestion des affaires communes.
Ensuite, des organisations et pays étrangers ont été obligés de se pencher sur le sort de notre pays en l'auscultant jusqu'aux tripes: Qu'est que le président WADE (recordman de la manipulation de la Constitution, une quinzaine de fois depuis qu'il est arrivé au pouvoir par la voie des urnes) a-t-il bien pu demander aux sages du Conseil Constitutionnel moins de 48heures après leur décision rendant anticonstitutionnel le décret signé de Ba Mbaré, président du Sénat et président de la République par intérim selon le calendrier initial des militaires? De tripatouiller la Constitution et d'avaler la couleuvre pendant que les sages du Niger, pays présentant le même profil que le nôtre, bataillent fort pour défendre la leur?
Enfin, le plus important: malgré le poignant discours du président démissionnaire appelant les mauritaniens à soutenir celui qu'ils choisiront à l'issue de l'élection du 18 juillet prochain, il sera désormais extrêmement difficile d'amener le mauritanien à croire en la vertu d'une démocratie régissant l'organisation des pouvoirs et garantissant l'accession et la transmission du pouvoir par la voie pacifique, transparente, libre et concertée. Il y a seulement deux ans nous avons tous communié et dansé sur la dépouille de l'ennemi appelé coup d'État. Il nous avait été assuré que désormais plus aucune prise du pouvoir ne pourra se faire en dehors des mécanismes prévus par la constitution, elle-même verrouillée de telle sorte qu'il n'était pas possible d'aller au-delà des deux mandats prévus. Alors, quand on vient nous resservir la même soupe, il y a de quoi provoquer la grimace. Les électeurs iront peut-être à ces élections mais le cœur y sera-t-il comme en 2007?
Salut

Abdoulaye DIAGANA
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vendredi 26 juin 2009

Un artiste venu de nulle part.


S’il faut faire le compte des cœurs dévastés par la cruelle nouvelle de la disparition du roi de la pop c’est surement en centaines de millions qu’il faudra commencer. Ce sont tous ces anonymes transportés par les mélodies de « Ben », « Heal the world », « Wanna be startin’ somethin », « Beat it » ou enfin de « Black or white » (lequel choisir en vérité ?). Mickael JACKSON aura eu l’unique privilège, en 50 ans, d’être celui qui donne le la, l’étalon qui indique le chemin, la référence, l’exemple. On a beau dire, on a beau faire les plus irréductibles ennemis du chien sont obligés de reconnaître qu’il court vite et qu’il a les dents blanches : il y a Mickael Jackson et les autres. Réussissez un ouvrage exceptionnel et on dira que c’est un « Triller », devenez artiste intégral, global, exceptionnel chanteur, danseur inimitable doublé d’un monstre de la scène et on dira que vous êtes un Mickael JACKSON. Ce qui est en deuil chez de nombreuses personnes aujourd’hui à travers la planète c’est l’enfant qui sommeille en eux et qui a été bercé de chansons d’une rare générosité. C’est l’adulte qui, le temps d’un album, d’un clip, a oublié la rigueur du quotidien.
Ce jour, même le dévot dira : « Gloire à Toi, Seigneur que je suis venu adorer dans ma retraite ! Pour créer un être qui, malgré toutes ses imperfections, survole tous ses pairs par son prodigieux talent, il faut un Être Parfait et Vous l’êtes sans aucun doute ! »

Chapeau bas l’artiste et merci pour l’œuvre à nulle autre pareille. Merci de nous avoir bercé l’enfance.

Un inconsolable fan

lundi 27 avril 2009

QUESTION DE MESSAOUD OUL BOULKHEIR AU PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Bonjour,

J'ai trouvé très succulent ce message adressé au Conseil Constitutionnel par Mr Messaoud Ould Boulkheir, Président de l'Assemblée Nationale de La République Islamique de Mauritanie. Je suis très impatient d'en lire la réponse.

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République Islamique de Mauritanie
Honneur - Fraternité• Justice

Assemblée Nationale


Nouakchott, le 23 avril 2009

Le Président

à,

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel
de la République islamique de Mauritanie à NOUAKCHOTT

Objet: demande d'un avis constitutionnel

Monsieur le Président,

Le 6 Août 2008, des Officiers Généraux conduits par le Général Mohamed O. Abdel Aziz se sont emparé du pouvoir par la force et ont déclaré avoir mis fin au pouvoir du Président de la République, démocratiquement élu 25 mars 2007 et investi le 19avril 2007, après avoir prêté serment devant votre auguste Conseil.

Au vu de ces événements, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir répondre à la question suivante:

Un tel coup d'Etat est-il un acte valide au regard de la Constitution du 20
juillet 1991, révisée le 25 juin 2006 et est-il susceptible de modifier en toute légalité ladite Constitution?

Veuillez, agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments respectueux.

Messaoud Ould Boulkheir

dimanche 19 avril 2009

LANCEMENT DE LA RADIO KASSATAYA

Sur les conseils avisés de l'incontournable bebe ba, je vous poste ce nouveau message. Ce qui n'apparait pas dans le texte c'est la forte présence de visiteurs de ce blog et de son frère ainé canalh. Faites-en votre radio.
**

Chers bloggers,

Après des mois d’hésitations et de labeurs nous avons décidé de lancer nos émissions sur kassataya.com. Les travaux sont en cours comme vous pouvez le vérifier. Nous avons jugé utile, après concertation, de mettre à profit l’anniversaire des deux de la remise du pouvoir à un Président civil élu au terme d’une élection saluée par tous pour ce lancement. Le site et la qualité des émissions s’étofferont avec le temps.
Les animateurs sont des bénévoles soucieux d’offrir un espace d’expression dans la diversité à tous les mauritaniens qui en expriment le besoin.
Kassataya.com se fixe donc pour objectif de (re) donner la parole à ceux qui ont besoin de se faire entendre et que tous nous avons intérêt à écouter. Généralement, en milieu traditionnel, les discussions ne se déroulaient pas dans des amphithéâtres ou dans des studios. Elles avaient lieu soit sous le baobab que la désertisation range dans le groupe des espèces en voie d’extinction, soit plus récemment, autour du thé. Le thé (ataya) est devenu une institution qui obéit à un rituel précis pour honorer un hôte ou juste pour accompagner les longues discussions dans le cercle familial ou dans les assemblées. Il est servi dans des verres (kass) que les convives se passent selon une codification qui varie selon les contrées et les communautés. D’où kassataya qui signifie verre de thé. Nous mettrons prochainement en ligne un document qui en expliquera la signification aux yeux de nombreuses communautés de l’ouest africain.

L’équipe.


Emission de lancement :

Mauritanie : deux ans après, la genèse d’une transition démocratique


Il y a deux ans jour pour jour le Conseil Constitutionnel de la République Islamique de Mauritanie installait dans ses fonctions le premier Président élu à l’issue d’élections démocratiques et pluralistes de l’histoire du pays. De nombreux chefs d’Etat étrangers étaient venus honorer de leur présence cette cérémonie qui saluait un nouveau printemps démocratique. Des témoins de premier plan et des acteurs viendront livrer leurs impressions sur une expérience saluée en son temps aussi bien par les observateurs internationaux que par les principaux candidats à l’élection présidentielle de mars 2007. Vous pouvez écouter l’émission ce dimanche 19 avril 09 à partir de 19h30 à Paris soit 17h30 en temps universel en direct sur www.kassataya.com et intervenir par un simple appel sur skype au pseudo suivant : kassataya.
Bonne écoute

samedi 18 avril 2009

BANQUE MONDIALE : L’AFRIQUE A L’HONNEUR


Monsieur Ousmane Salatou DIAGANA, mauritanien natif de Gattaga/Kaédi (450km au sud de la capitale Nouakchott) vient de recevoir des mains du président de la Banque Mondiale le prix du meilleur manager de l’institution. Cette distinction qui honore la Mauritanie et au-delà l’Afrique, vient prouver s’il en était besoin, que le continent regorge de talents. Nul n’étant prophète chez soi, Mr DIAGANA fait le bonheur de la Banque Mondiale où il poursuit une belle et heureuse carrière en attendant le jour où le privilège lui sera fait de servir son pays. Il est à souligner qu’il est de coutume dans de nombreux pays de faire appel à l’expérience des expatriés pour aider à surmonter les difficultés qui caractérisent les économies en développement.


Après son Baccalauréat en 1981 à Kaédi, Monsieur DIAGANA poursuit de brillantes études en Economie (Planification, Analyse économique et Développement) à l'Université de Dakar d'où il sort Major de Promotion. Il décroche au passage une bourse de 3ème cycle octroyée par l'Etat mauritanien pour s'inscrire à la prestigieuse ENAM de DAKAR (option Finance et Fiscalité). A son retour au pays, il servit comme Enseignant vacataire en Comptabilité nationale à l'Université de Nouakchott, collabora avec un bureau d'études local et exerça brièvement les fonctions d'Economiste à la mission résidente de la Banque Mondiale à Nouakchott. En 1992, Il est recruté par la Banque mondiale pour servir au Bénin où il est restera 6 ans. Monsieur DIAGANA faira reconnaître son travail et gravira plusieurs échelons au sein de cette Institution de Bretton Woods. Avide de science et de perfectionnement, il renforcera sa formation académique initiale par des séjours dans des universités prestigieuses comme Harvard à Boston aux USA et Institute of Development Studies à Sussex en Angleterre. Après le Bénin, M. DIAGANA montera à Washington au siège de l'Institution avant d’aller coller au terrain à Sana'a au Yemen et à Rabat au Maroc. En Octobre 2006, il est nommé Représentant Résident (Country Manager) au Niger, un pays confronté à d’énormes défis de développement. Au Niger, M. DIAGANA est responsable d'un portefeuille très large couvrant des programmes de développement humain, de développement rural, d' infrastructures, d'accès à l'eau potable, de macroéconomie , de finance et de développement du secteur privé. M. DIAGANA « est juste et équitable avec tout le monde » confie un de ses collaborateurs. « Sa première règle dans l’environnement professionnel est le respect » ajoute un autre. Son équipe est unanime à saluer le climat de sérénité que leur Manager a instauré à la Représentation de la Banque Mondiale. Ses collaborateurs disent avoir particulièrement apprécié le grand intérêt qu’il attache au perfectionnement de ses équipes notamment celles de la catégorie inférieure auxquelles M. DIAGANA a donné l’opportunité d’apprendre et de progresser. Décrit comme un dirigeant ouvert d’esprit, à l’abord facile et ayant le sens du collectif, il se distingue par sa très grande simplicité et sa disponibilité envers tous malgré un agenda très chargé.



Abdoulaye DIAGANA

France

www.souslatente.blogspot.com

abdouldiagana@yahoo.fr

lundi 13 avril 2009

Le gros bobard diplomatique de Sarkozy

Chers lecteurs

En ces temps troubles que traverse notre pays, je vous propose cet article du journal français Libération qui revient sur les propos troublants du président français au sujet de la crise politique qui secoue la Mauritanie.

Bonne lecture.

DESINTOX

Le 27 mars, lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy s'est rendu coupable d'un étonnant mensonge d'Etat. Interrogé sur l'attitude de la France face au putsch qui a renversé le Président mauritanien en août, Sarkozy a prétendu avoir passé à ce dernier un coup de téléphone. Intox.

CÉDRIC MATHIOT

Nicolas Sarkozy à la télévision le 5 février dernier.

Nicolas Sarkozy à la télévision le 5 février dernier. (Ho New / Reuters)

Intox

C’est une affaire qui n’arrangera pas l’image déjà controversée de Nicolas Sarkozy en Afrique. Mercredi, la rubrique Désintox montrait comment Sarkozy a dérapé lors d’une conférence de presse au Niger, le 27 mars, en présentant le putsch en Mauritanie comme un quasi non-évènement. Le président français avait occulté aussi bien les condamnations internationales unanimes que les protestations locales, politiques ou populaires. Une vision très accommodante avec les putschistes qui avait suscité de vives réactions et dont certains observateurs suggéraient qu’elle a été soufflée par la bonne vieille Françafrique, décidée à frayer avec le nouveau pouvoir. Mais Sarkozy ne pourra seulement arguer la désinformation. Car lors de la même conférence de presse, pour réfuter toute ambiguïté de la position française, il a ajouté un énorme mensonge : «Quand le président démocratiquement désigné a été retenu, moi-même je l’ai appelé.» Sauf que…

Désintox

Nicolas Sarkozy a reçu un message, trois jours après ses déclarations à Niamey. Il émane d’un diplomate français, fin connaisseur de la Mauritanie, qui lui dit ceci : «Permettez-moi de vous rappeler que vous n’avez jamais parlé au téléphone avec le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, ni pendant qu’il était au secret au palais des Congrès de Nouakchott depuis le putsch du 6 août, ni ensuite dans son village de Lemden, où il est assigné à résidence.» Et le correspondant de Sarkozy de lui donner, à toutes fins utiles, le numéro de téléphone de son homologue mauritanien. Ce n’était pas une blague.

Contactée par Libération, la fille du président déchu, Amal Mint Cheikh Abdallahi, confirme ce qui ressemble à un étonnant bobard d’Etat : «Le président Sarkozy n’a jamais appelé le président Abdallahi. On est tombé des nues l’en écoutant dire le contraire lors de la conférence de presse.» La surprise a dû être d’autant plus saumâtre qu’Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, en mars 2007, avait sollicité un tel échange. En vain. «Après le putsch, le Président a reçu l’ambassadeur de France en Mauritanie et lui a fait savoir qu’il souhaitait s’entretenir avec le chef de l’Etat français. Il ne s’est rien passé depuis», affirme la fille du dirigeant renversé. C’est elle qui a eu les seuls contacts directs avec Paris, via des conseillers de l’Elysée en charge des questions africaines. La junte n’a pas été moins bien traitée : ses dirigeants ont été reçus par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.

Les services de l’Elysée, que nous avons joints pour avoir une explication sur ce coup de fil «fantôme», nous ont affirmé n’avoir pas d’«éléments d’information» à donner sur le sujet, ajoutant seulement : «La position de la France n’a pas changé, elle est toujours en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie.»

Il faudra plus que ces déclarations de principe pour lever les ambiguïtés nées des mensonges d’un président qui nie les résistances au putsch et invente un coup de fil de soutien imaginaire au chef d’Etat déchu. Dans la même conférence de presse de Niamey, le 27 mars, Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux la «transparence» comme base de la nouvelle relation entre la France et l’Afrique. Il reste à l’évidence du chemin à parcourir.

samedi 4 avril 2009

AHMED OULD DADDAH, COMME L'OISEAU DE MINERVE?

Dans la mythologie de la Grèce antique, un oiseau (une chouette !) perché sur l’épaule de la déesse Minerve (de la sagesse) prenait son envol seulement la nuit tombée. C’est ainsi que tout ce qui se rapporte à la sagesse est associé à l’oiseau de Minerve, arrivant sans précipitation, à point nommé, quand tout s’apaise. Au lendemain du désastreux coup d’Etat militaire qui mit brutalement fin à l’expérience démocratique en Mauritanie, de nombreuses voix se sont étonnées de la prise de position du chef de file de l’opposition que l’a junte à sitôt intronisé « soutien numéro » du coup d’Etat (ils diront plus exactement « rectification »). Les démocrates sincères ont alors estimé qu’il y avait-là au moins une faute grossière d’appréciation de la part d’un homme qui a si longtemps incarné la lutte intransigeante contre la dictature ou en tout pour la démocratie. L’article « l’heure d’Ahmed Ould Daddah » a souligné l’intérêt que trouveraient la Démocratie et Ahmed Ould Daddah à s’inspirer de l’exemple de Boris Eltsine volant au secours de son ennemi intime Michael Gorbatchev au lendemain du coup d’Etat dont celui-ci fut victime dans les dernières heures de l’empire soviétique. Ceux qui ont opté pour le système démocratique et le mode de dévolution pacifique du pouvoir par le seul suffrage universel direct peuvent se réjouir et se frotter les mains : le chef de file de l’opposition statutaire, leader historique de la lutte pour l’émergence de la démocratie, vient d’exaucer leurs vœux en rejoignant son camp naturel, celui de la lutte contre un coup d’Etat militaire perpétré contre un régime démocratiquement élu par le citoyen mauritanien.

Et vogue la rumeur
Grand perdant –mauvais perdant- le club des officiers putschistes qui voit s’envoler son plus grand atout, sa plus importante caution populaire, alimente la machine à rumeurs. L’industrie des potins connaissant une croissance et une vigueur à toute épreuve, les spéculations vont bon train quant aux réelles motivations du leader politique. Les ingénieurs en chef de la production industrielle de rumeurs soutiennent qu’il serait mû par la seule ambition de conquérir le pouvoir ! C’est la vocation première de tout parti politique et on ne peut le lui reprocher tant que les principes fondamentaux et les valeurs de la République sont observés. Ils ajoutent qu’il ne partagerait pas grand-chose avec le camp antiputsch ! Si : la reconquête de la démocratie et ça ne pèse pas peu. Ils terminent par l’argument selon lequel il trahirait dès qu’il en aurait l’occasion ! Nul n’es dupe ici : il ne s’agit pas d’un contrat à vie. Une fois le coup d’Etat mis en échec que chacun suive sa voie en tentant de gagner la confiance de l’électeur dans une saine compétition. Le fleuve déborde de son lit et les populations se désolent. Il le rejoint et elles se réjouissent en prenant leurs dispositions pour ne plus se faire surprendre par un nouveau débordement. Et c’est ainsi que coule l’eau sous les ponts.

Comme l’oiseau de Minerve
Ahmed Ould Daddah rejoint donc le camp des démocrates. L’oiseau de Minerve prend son vol tard. Il annonce le crépuscule non de ceux qui se dressent contre l’acte insensé mais bien de ceux qui ont pensé pouvoir impunément prendre des libertés avec les règles qui régissent la vie de la Société et qui, malgré plusieurs mois de brimades n’arrivent pas à imposer leur trahison (une première dans l’histoire d’une Mauritanie pourtant habituée aux coups d’Etats militaires). Il trouvera devant lui de vieux compagnons de route tels Messaoud Ould Boulkheir qui tient tête depuis les premières heures, Mohamed Ould Maouloud, Jemil Ould Mansour, Bâ Mamadou Alassane…et bien d’autres encore. Cette nouvelle prise de position arrive à point nommé : le pays est de plus en plus isolé et court à la catastrophe, le front antiputsch durcit le ton devant une junte désemparée qui accumule les fautes et s’isole de plus en plus. Le doute et la peur sont entrain de changer de camp. La violence aveugle dont fait montre la junte est un signe qui ne trompe pas. C’est parce que les choses sont entrain de lui échapper qu’elle emploie le seul langage qu’elle maîtrise vraiment : celui des canons face à une masse désarmée.

Abdoulaye DIAGANA
France
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abdouldiagana@yahoo.fr